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[ÉDITO] – Construction d’une puissance régionale en Afrique de l’Ouest : Ousmane Sonko veut tenter le coup !

Les pères de la négritude, à l’image de Léon-Gontran Damas et Léopold Sédar Senghor, ont, dans un élan de solidarité et de dignité, pensé à une nouvelle Afrique. Celle respectée aux yeux du monde, dont l’avis compte dans le concert des nations. C’est pourquoi, très tôt, bien avant les indépendances, le concept de négritude a vu le jour, rassemblant des écrivains noirs revendiquant l’identité noire et sa culture.Des décennies se sont écoulées et l’Afrique peine toujours à trouver sa voie pour son émancipation et surtout sa liberté totale.

Des leaders se sont succédé pour éclairer le chemin, mais le résultat sonne le glas. Pour l’heure, il est plus nécessaire, voire impérieux, que les dirigeants africains parlent d’une même voix pour la paix dans un monde de plus en plus malade.Sur ce point, le Premier ministre Ousmane Sonko a levé le lièvre, comme certains l’avaient fait jadis. En effet, celui-ci a plaidé pour une puissance ouest-africaine.

Il a réaffirmé, samedi dernier, son ambition panafricaine en appelant à la construction d’une puissance régionale en Afrique de l’Ouest, capable de peser sur la scène internationale, à l’occasion de la célébration de la Korité (Aïd el-Fitr) à Ziguinchor, dans le sud du pays.Le chef du gouvernement sénégalais a estimé qu’aucun pays de la sous-région ouest-africaine ne peut, à lui seul, prétendre à la puissance, malgré d’éventuels niveaux de développement.

« Il est possible pour un pays d’être développé, mais pas d’être puissant seul », a-t-il déclaré. Une telle déclaration vaut son pesant d’or dans un contexte où la menace terroriste n’a plus de frontières. Des initiatives telles que le G5 Sahel nourrissaient le même espoir : qu’est-il devenu ? Mort-né. Les forces de l’UA et de la CEDEAO, où sont-elles terrées quand la menace terroriste prend une allure inquiétante ? Tant que l’Afrique ne trouve pas ses propres moyens et sa propre voie pour endiguer ses propres fléaux, aucun État, aussi puissant soit-il, ne peut sortir les peuples africains du donjon de la spirale des maux.

L’heure n’est plus aux discours, mais à des actions concertées, courageuses et souveraines pour bâtir une véritable force régionale crédible. Sans volonté politique commune et sans intégration réelle des moyens, toute ambition de puissance restera un vœu pieux.

La Rédaction

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