
Le président de la fédération Assalam International, El Hadj Mohamed Doumi, s’est exprimé le 31 mars 2026 sur plusieurs sujets d’actualité, allant des relations entre l’Algérie et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux tensions au Proche-Orient, en passant par des questions de souveraineté et de cohésion nationale. À travers ses déclarations, il a insisté sur la responsabilité des dirigeants et la nécessité de préserver l’unité des peuples face aux défis contemporains.
Revenant sur la visite effectuée le 15 février dernier en Algérie par le général Abdourahamane Tiani, El Hadj Mohamed Doumi a souligné l’importance stratégique de ce déplacement dans le renforcement des liens entre Alger et les pays de l’AES. Il a indiqué que la délégation nigérienne avait été accueillie « en grande pompe » par le président Abdelmadjid Tebboune, preuve, selon lui, de la volonté des autorités algériennes de consolider leur coopération avec les États sahéliens, notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali.Dans cette dynamique, il a mis en avant plusieurs axes de collaboration, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’agriculture et de l’éducation.
Il a également évoqué des projets d’envergure, tels que le gazoduc transsaharien impliquant le Nigeria, ainsi que la signature d’accords entre des responsables algériens et burkinabè lors de récentes visites ministérielles à Ouagadougou.Abordant les relations entre l’Algérie et le Mali, parfois sujet de tensions, Mohamed Doumi a estimé que celles-ci sont en partie exagérées et a appelé à un rapprochement entre les deux pays. « L’Algérie et le Mali sont des frères, il faut faire attention à l’occident qui veut nous diviser », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Il faut obligatoirement que le Mali et l’Algérie se rapprochent pour leur bien commun ».Sur le plan international, il a vivement critiqué la résolution du Parlement européen appelant à la libération de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum.
Selon lui, cette démarche constitue une ingérence inacceptable dans les affaires internes du Niger. Il a rappelé que le pays est souverain et membre des Nations unies, estimant que seule la justice nigérienne est compétente pour trancher cette question.S’exprimant également sur la situation au Proche-Orient, El Hadj Mohamed Doumi a dénoncé ce qu’il qualifie « d’attaques injustes » dans les tensions impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran. Il s’est montré particulièrement critique envers les puissances occidentales, affirmant : « Les Etats-unis et Israël ont perdu la guerre face à l’Iran et l’ONU a perdu sa crédibilité ».
Il a en outre averti des risques d’escalade, évoquant la possibilité d’un conflit d’ampleur mondiale. « Les Etats-unis et Israël risquent se sortir perdants dans le conflit », a-t-il ajouté, tout en mettant en avant la capacité de résistance de l’Iran.Sur le plan national, Mohamed Doumi s’est prononcé sur l’avant-projet de loi relatif à la liberté religieuse au Burkina Faso. Il a plaidé pour un équilibre entre l’autorité de l’État et l’écoute des citoyens, rappelant le caractère laïc du pays. Il a ainsi invité les populations à faire confiance aux autorités, tout en exhortant les dirigeants à rester attentifs aux préoccupations des citoyens afin d’éviter toute tension, dans un contexte marqué par la lutte contre le terrorisme.
En conclusion, El Hadj Mohamed Doumi a lancé un appel à la paix, à la solidarité et à l’unité africaine. Rendant hommage aux victimes du terrorisme au Burkina Faso et exprimant ses vœux de prompt rétablissement aux blessés, il a insisté sur la nécessité d’une gouvernance prudente. « Les dirigeants de l’AES doivent faire preuve de prudence dans leurs décisions et éviter les pièges extérieurs », a-t-il rappelé, invitant par ailleurs au renforcement des partenariats entre les pays de l’AES et leurs alliés.
Djamal Ouédraogo/LA PLUME



