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Burkina/Assistance aux détenus:  L’AIPAD relance ses ambitions et appelle à la solidarité nationale

L’Association islamique pour l’assistance aux détenus (AIPAD) entend insuffler une nouvelle dynamique à ses actions en faveur des personnes incarcérées au Burkina Faso. A l’issue d’un congrès tenu dans la capitale ce 13 avril 2026 à Ouagadougou, Abdoulaye Dera, a été reconduit au poste de président pour un mandat de 3 ans. Il a décliné les grandes orientations du nouveau mandat, tout en lançant un appel à la solidarité envers les détenus.

Créée en 2012, l’AIPAD œuvre dans les milieux carcéraux en apportant un accompagnement à la fois spirituel, social et humanitaire aux détenus. « Il s’agit d’aider ces personnes à se reconstruire, à se réinsérer et à garder espoir », a expliqué le président de l’association, insistant sur la nécessité d’un regard plus humain sur cette frange souvent marginalisée de la société.Le congrès a permis de mettre les textes de l’association en conformité avec la réglementation en vigueur, de dresser le bilan du mandat écoulé et de renouveler les instances dirigeantes. Une reconduction qui, selon Abdoulaye Dera, traduit avant tout « une marque de confiance » des membres, plutôt qu’un quelconque privilège.

La cellule féminine de l’AIPAD

« La responsabilité est lourde, surtout en islam où elle engage devant Dieu », a-t-il souligné.Pour le nouveau bureau, les défis sont nombreux. L’AIPAD ambitionne de renforcer sa présence dans toutes les maisons d’arrêt du pays, notamment à travers la création de sections locales dans les différentes régions. L’objectif est d’assurer une couverture nationale et d’apporter un soutien plus régulier et structuré aux détenus.Parmi les priorités figure également l’acquisition d’un siège social. « Nous avons longtemps travaillé avec des moyens limités. Disposer d’un cadre adéquat nous permettra de mieux coordonner nos actions et de répondre efficacement aux besoins », a indiqué le président.

Le bureau national de l’AIPAD

Cependant, les difficultés financières demeurent un obstacle majeur. Les activités de l’association, telles que les actions de solidarité, les ruptures collectives pendant le Ramadan ou encore l’organisation de fêtes, nécessitent des ressources importantes. « Les partenariats restent insuffisants, même si des bonnes volontés nous accompagnent déjà », a reconnu Abdoulaye Dera.L’accès aux établissements pénitentiaires constitue également un défi, en raison des contraintes administratives et réglementaires. Néanmoins, une collaboration progressive avec les autorités permet aujourd’hui d’améliorer les conditions d’intervention de l’association.

 

Abdoulaye Dera a été reconduit à son poste de président pour un mandat de 3 ans 

Au-delà des aspects organisationnels, le message du président de l’AIPAD se veut avant tout un appel à la conscience collective. « Il ne faut pas penser que tous ceux qui sont en prison sont irrécupérables. Ce sont des êtres humains qui ont besoin d’écoute, d’accompagnement et de compassion », a-t-il plaidé.Rappelant que nul n’est à l’abri de certaines épreuves de la vie, notamment la maladie ou l’incarcération, il a invité les Burkinabè, toutes confessions confondues, à changer de regard sur les détenus et à s’engager davantage à leurs côtés. A travers ce nouveau mandat, l’AIPAD espère ainsi mobiliser davantage de soutiens pour renforcer ses actions et contribuer à redonner dignité et espoir aux personnes privées de liberté.

Djamal Ouédraogo/LA PLUME

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