Politique

Burkina Faso : 99,69 % des années académiques normalisées dans les IERS

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a annoncé, ce lundi 7 septembre 2026 à Ouagadougou, une avancée majeure dans le processus de normalisation des années académiques dans les institutions publiques d’enseignement supérieur et de recherche (IESR). Selon les données présentées par le ministre Pr Adjima Thiombiano, le taux de normalisation des filières est passé à 99,69 % au 31 août 2026, avec une seule filière restant à normaliser.

La normalisation des années académiques dans les universités publiques burkinabè entre dans sa phase finale. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima Thiombiano, lors d’une conférence de presse consacrée à la situation du calendrier académique dans les IESR. Cette rencontre avait pour objectif de faire le point sur l’évolution du processus de résorption des retards et des chevauchements qui affectaient depuis plusieurs années le fonctionnement des universités publiques. Selon le ministre, ces retards s’étaient progressivement installés depuis pratiquement 2008. En 2023, soit une quinzaine d’années plus tard, la situation variait fortement selon les universités, les établissements et les filières. Les retards pouvaient alors atteindre 3 à 30 mois, tandis que certaines filières connaissaient des chevauchements de deux à trois promotions par niveau. Cette situation pouvait conduire certains nouveaux bacheliers à attendre une année universitaire avant d’effectuer leur rentrée. La durée d’obtention d’une Licence pouvait ainsi atteindre cinq à six ans.

Pr Adjima Thiombiano, ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation

Face à cette situation, plusieurs initiatives avaient été entreprises au fil des années, notamment le Comité ad hoc de réflexion en 2012, les États généraux de l’enseignement supérieur en 2013, la Commission d’enquête parlementaire et la rencontre nationale de concertation des acteurs de l’enseignement supérieur en 2017, ainsi que le Plan d’action pour l’amélioration des activités académiques et pédagogiques dans les IESR en 2020. Le Livre blanc de l’enseignement supérieur de 2023 est également cité parmi ces initiatives. La stratégie engagée par le département ministériel s’est ensuite appuyée sur des réformes institutionnelles et organisationnelles, une programmation intensive des activités académiques et un suivi de leur exécution par différentes structures. Les résultats présentés montrent une progression continue. Au 1er octobre 2023, seules 162 des 321 filières de Licence, soit 50,47 %, respectaient plus ou moins le calendrier universitaire, contre 159 filières, soit 49,53 %, qui étaient en retard. Certaines filières comptaient alors plus de 36 mois de retard.

La presse face aux autorités

Depuis, le taux de normalisation a connu une progression régulière : 81,31 % au 1er octobre 2024, 86,29 % au 31 juillet 2025, 92,52 % au 1er octobre 2025, 98,44 % au 31 juillet 2026 et 99,69 % au 31 août 2026. À cette dernière échéance, une seule filière sur les 321 suivies depuis octobre 2024 restait en cours de normalisation. Il s’agit de la pharmacie à l’Université Joseph KI-ZERBO. Les apprenants étant en stage clinique, la fin de l’année académique est prévue pour le 21 septembre 2026. Le ministre annonce ainsi une normalisation à 100 % à la rentrée académique 2026-2027. Pour parvenir à ces résultats, le MESRI indique avoir notamment misé sur des investissements dans la réalisation et la réhabilitation d’infrastructures pédagogiques, une intégration accrue de la plateforme CampusFaso, le recrutement d’enseignants-chercheurs, de chercheurs et de personnels de soutien, ainsi qu’une implication plus importante des chercheurs dans les activités d’enseignement.

Le présidium lors de la conférence de presse

Le département ministériel évoque également des efforts dans le paiement progressif des dettes académiques, le renforcement des structures chargées des œuvres sociales, ainsi que la mise en place d’un dispositif destiné à fiabiliser les informations collectées auprès des différents acteurs. La renonciation à certains droits, notamment les vacances académiques, ainsi que l’instauration de l’ordre, de la discipline et de mécanismes de sanctions positives et négatives figurent également parmi les mesures citées. Le tableau de suivi présenté par le Pr Thiombiano confirme cette tendance. Sur les 321 filières recensées, 320 sont normalisées au 31 août 2026, laissant une seule filière à normaliser. Plusieurs institutions, dont l’Université Nazi BONI, l’Université Thomas SANKARA, l’Université de Dédougou, l’Université Yembila Abdoulaye Toguyeni et plusieurs écoles, affichent 100 % de filières normalisées. Pour le ministre Pr Adjima Thiombiano, cette étape ne constitue toutefois pas une fin en soi. Le MESRI entend désormais consolider la normalisation et améliorer davantage la qualité de l’enseignement supérieur. Les perspectives annoncées portent notamment sur la poursuite du recrutement des personnels enseignants, de recherche et de soutien, la poursuite des réformes pédagogiques, la mise en œuvre des nouveaux régimes d’études, du référentiel des offres de formation prioritaires et de la carte universitaire.

Les personnels ATOS du Ministère

Le ministère entend également faire évoluer l’enseignement supérieur vers davantage de capacitation, d’incubation et de professionnalisation, tout en renforçant la digitalisation des processus administratifs et pédagogiques à travers CampusFaso. L’enseignement à distance, la virtualisation et l’utilisation encadrée de l’intelligence artificielle figurent aussi parmi les orientations annoncées. Le maintien d’un esprit de patriotisme, l’amélioration des conditions d’étude et de travail ainsi qu’une meilleure gouvernance des institutions sont présentés comme des conditions nécessaires pour préserver les acquis. Le ministre appelle ainsi à maintenir la rigueur dans l’exécution et le suivi des activités académiques et de recherche. Avec 99,69 % de filières normalisées au 31 août 2026, le MESRI considère donc que la normalisation du calendrier académique est désormais une réalité dans les universités, écoles et centres universitaires publics. La rentrée académique 2026-2027 devrait constituer, selon les prévisions annoncées, la première rentrée marquant la normalisation à 100 % de l’ensemble des filières suivies.

Salfo Zabré / LA PLUME

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