[ÉDITO]-Retour de 1,4 million de PDI dans leurs localités: Le signe d’un Burkina qui se relève

Le retour de plus de 1,4 million de personnes déplacées internes dans leurs localités d’origine constitue un fait majeur dans la situation humanitaire et sécuritaire du Burkina Faso. Ce chiffre, évoqué lors de la séance de travail entre le gouvernement et une délégation du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le 16 septembre 2026 à Ouagadougou, traduit une évolution qui mérite d’être saluée. Derrière ce nombre impressionnant, ce sont des familles qui retrouvent leurs villages, des agriculteurs qui regagnent leurs champs, des enfants qui renouent avec leur cadre de vie et des communautés qui peuvent progressivement reprendre le cours de leur existence.
Le retour des personnes déplacées ne saurait donc être réduit à une simple donnée statistique. Il constitue un indicateur important des avancées enregistrées sur le terrain. Cette dynamique témoigne également des efforts consentis pour ramener la paix et restaurer les conditions d’une vie normale dans les localités affectées par l’insécurité. Le retour des populations suppose en effet que des conditions minimales de sécurité soient réunies et que l’administration, les services sociaux et les activités économiques puissent progressivement reprendre leur place. Il serait cependant injuste de considérer cette évolution comme le résultat de l’action d’un seul acteur.
La reconquête et la sécurisation des territoires, le travail des Forces combattantes, l’action de l’administration, la mobilisation des populations, l’engagement des collectivités et l’accompagnement des partenaires participent à cette dynamique. C’est précisément dans cette conjugaison des efforts que réside une partie de la réponse à la crise que traverse le pays. Le choix de passer progressivement d’une logique d’urgence à une dynamique d’autonomisation apparaît, dans ce contexte, particulièrement important. Car faire revenir les populations est une première étape.
Il faut ensuite leur permettre de vivre, de travailler, de produire, de scolariser leurs enfants et de reconstruire durablement leur quotidien. Le chiffre de 1,4 million constitue donc à la fois un motif de satisfaction et une responsabilité supplémentaire. Satisfaction parce qu’autant de Burkinabè ont pu retrouver leurs localités d’origine. Responsabilité parce que ces retours doivent être consolidés et accompagnés afin d’éviter de nouveaux déplacements.
La paix ne se décrète pas. Elle se construit sur le terrain, par la sécurité, la cohésion, la solidarité et la restauration des conditions de vie. Chaque famille qui retrouve son village, chaque école qui rouvre ses portes, chaque champ de nouveau cultivé et chaque service public qui reprend ses activités constituent autant de signes d’un retour progressif à la normalité. Le retour de ces 1,4 million de personnes déplacées internes porte ainsi un message fort. Il rappelle que, face aux épreuves, aucune force ne peut agir seule.
La restauration durable de la paix exige la mobilisation des Forces combattantes, de l’administration, des populations, des acteurs humanitaires, des partenaires et de toutes les forces vives de la Nation. Ces retours sont donc plus qu’un chiffre. Ils sont le visage humain d’un pays qui, malgré les difficultés, poursuit son chemin vers la stabilité et la reconstruction.
La Rédaction



