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Burkina/Peintures au plomb: L’APK et l’ANSSEAT renforcent le front sanitaire

La lutte contre les risques liés à l’exposition au plomb franchit une nouvelle étape au Burkina Faso. L’Association des peintres du Kadiogo (APK) et l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT), avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont signé un protocole le 18 septembre 2026 visant à promouvoir une utilisation plus sûre des peintures et à contribuer à la réduction de leur teneur en plomb.

Le présidium lors la signature du protocole 

Dans un secteur où la peinture est omniprésente dans les bâtiments et les travaux de finition, la question de sa composition constitue un véritable enjeu de santé publique. Lorsque certaines peintures contiennent des concentrations élevées de plomb, leur utilisation peut exposer directement les professionnels, mais aussi les occupants des bâtiments et l’ensemble de la population à des risques sanitaires. La signature de ce protocole entend ainsi rapprocher les exigences du métier de peintre des impératifs de protection sanitaire. Elle vise notamment à renforcer la sensibilisation des professionnels, à promouvoir le respect des normes et à contribuer à l’élimination progressive des peintures présentant des teneurs excessives en plomb sur le marché national. Pour le président de l’APK, Bavile Hien, cette démarche constitue une étape importante pour la profession.

« Cette signature marque un tournant majeur pour l’Association des peintres du Kadiogo et témoigne de la reconnaissance du savoir-faire, de la rigueur et de la maîtrise technique de nos peintres », a-t-il déclaré. L’engagement porte également sur la professionnalisation du secteur et l’amélioration des pratiques. « Notre ambition est de valoriser l’expertise locale tout en renforçant la professionnalisation continue de nos membres », a souligné Bavile Hien. Une orientation qui, selon lui, doit aller de pair avec une meilleure prise en compte des exigences sanitaires. « Le respect des normes de qualité, de sécurité et d’hygiène doit désormais être au cœur de nos pratiques, en adéquation avec les exigences de l’habitat moderne et de la santé publique », a-t-il affirmé.

Le DG de l’ANSSEAT Professeur Elie Kabré (d) et le président de l’APK, Bavile Hien (Faso Danfani) après la signature du protocole

Le président de l’APK considère par ailleurs que la santé des populations doit désormais occuper une place centrale dans l’exercice du métier. « La protection de la santé des populations ne peut être dissociée de la professionnalisation du métier de peintre », a-t-il soutenu. Il entrevoit également des retombées économiques pour les professionnels. «Cet accord ouvre également de nouvelles opportunités d’emploi et de partenariat pour nos artisans », a-t-il relevé. Du côté de l’ANSSEAT, le protocole répond à une préoccupation sanitaire qui exige l’implication de plusieurs acteurs. Le directeur général de l’agence, le Professeur Elie Kabré, a notamment relevé la situation des peintres, particulièrement exposés du fait de leur contact direct avec les produits utilisés dans leurs activités.

Le responsable de l’ANSSEAT a également insisté sur les difficultés que peut entraîner l’exposition au plomb dans le domaine médical. « Le plomb créant de nombreux dysfonctionnements dans l’organisme peut même conduire les médecins à poser de faux pronostics ou des erreurs de diagnostic », a expliqué le Professeur Elie Kabré. L’agence entend ainsi contribuer à améliorer le dépistage et la prise en charge des personnes exposées, tout en poursuivant les démarches réglementaires engagées. «Depuis pratiquement une année aussi, nous avons introduit un projet de décret pour réglementer la teneur en plomb dans la peinture. Cette problématique a été jugée importante d’un point de vue sanitaire. C’est pour cela que le ministère de la Santé a porté ce dossier », a rappelé le directeur général de l’ANSSEAT.

La photo de famille

Pour le Professeur Elie Kabré, la protection des consommateurs demeure au cœur de cette démarche. « Nous insistons parce qu’en tant qu’officier de la Santé (…), nous devons veiller à chaque fois qu’un enjeu de santé publique sera posé, nous devons veiller à trouver les voies et moyens pour protéger les consommateurs, en réalité pour nous protéger nous-mêmes », a-t-il soutenu.

L’OMS, partenaire de cette initiative, a également réaffirmé son accompagnement. Mandaté par le représentant de l’OMS au Burkina Faso, Dr Seydou Coulibaly, le Dr Hien a salué cette collaboration et rappelé le rôle de l’organisation dans la réduction des risques sanitaires. « Cet objectif s’inscrit dans le droit de la santé et le rôle normatif de l’OMS, qui représente la santé de la population et de réduire tout ce qui est risque de santé publique », a-t-il déclaré. L’Organisation mondiale de la santé entend apporter son expertise, contribuer à la mobilisation des acteurs et accompagner la recherche de ressources nécessaires à la mise en œuvre du protocole. Elle a par ailleurs encouragé l’APK à étendre cette dynamique aux peintres des autres régions du Burkina Faso, afin de donner à l’initiative une véritable portée nationale.

Djamal Ouédraogo/LA PLUME

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