Burkina Faso : Adjima Thiombiano appelle à l’unité dans le système éducatif et met en garde certains étudiants

À l’occasion de la montée des couleurs nationales, ce lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima Thiombiano, a lancé un appel à la cohésion entre les acteurs du système éducatif. Il a également réagi aux propos controversés de certains étudiants burkinabè revenus de Côte d’Ivoire pour poursuivre leurs études au Burkina Faso.
Les travailleurs des départements ministériels chargés de l’enseignement supérieur et de l’enseignement de base ont pris part, ce lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou, à la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs nationales. La cérémonie a été présidée conjointement par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima Thiombiano, et son collègue de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara. À l’issue du cérémonial, le Pr Adjima Thiombiano a livré son message du mois aux collaborateurs des deux départements ministériels. Il est d’abord revenu sur le 66e anniversaire de la création des Forces armées nationales, célébré le dimanche 1er novembre.

À cette occasion, il a salué l’engagement des hommes et des femmes qui défendent quotidiennement le territoire national. Il a invité les Burkinabè à être fiers de leur armée et à se tenir prêts à répondre à l’appel de la Nation, notamment à travers leur inscription dans la réserve. Abordant la situation du système éducatif, le ministre a rappelé la signature, le 17 octobre dernier à Kaya, du Pacte national pour la refondation de l’école burkinabè. Pour lui, cet engagement appelle chaque acteur à jouer pleinement sa partition afin de contribuer à la renaissance de l’école nationale.

Le Pr Adjima Thiombiano a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les différents ordres d’enseignement, du préscolaire à l’université. Il a invité les acteurs à dépasser les cloisonnements administratifs et institutionnels qui peuvent freiner les efforts collectifs. Selon lui, la formation d’un enfant appelé à servir la Nation constitue une responsabilité partagée qui nécessite une véritable continuité entre les différents niveaux du système éducatif. « Donnons-nous la main et dépassons ce débat des différents ordres », a-t-il exhorté, estimant que les acteurs de l’enseignement de base et ceux du supérieur doivent se soutenir mutuellement et travailler dans un esprit de complémentarité.

Le ministre a également rappelé que la collaboration, les partenariats et les actions concrètes doivent survivre aux changements de responsables dans l’administration. Il a ainsi invité ses collaborateurs à laisser des réalisations durables plutôt que de limiter leur passage à l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, son intervention a pris un ton plus ferme lorsqu’il a abordé les questions d’ordre et de discipline dans les établissements d’enseignement supérieur. Sans citer directement les personnes concernées, le Pr Adjima Thiombiano a réagi aux propos controversés tenus par certains étudiants burkinabè revenus récemment de Côte d’Ivoire pour poursuivre leur cursus universitaire au pays, communément appelés « Diaspos ». Le ministre a condamné des comportements qu’il juge incompatibles avec les valeurs de patriotisme et de respect de la Nation. Il a assuré qu’aucune tentative de perturbation du système éducatif ne serait tolérée. « Il n’y aura aucune chance à qui que ce soit, d’où qu’il vienne, de venir perturber notre système éducatif », a-t-il averti.

Évoquant particulièrement les étudiants concernés, il a rappelé que les circonstances atténuantes accordées à certains dans le cadre de l’immersion patriotique obligatoire ne constituent pas un droit et ne sauraient justifier les comportements dénoncés. « Il n’y aura pas de place pour ces enfants égarés dans nos campus », a-t-il déclaré, ajoutant que le Burkina Faso accueille les jeunes qui reviennent étudier au pays lorsque leurs intentions sont bonnes. Il a toutefois estimé que ceux qui viendraient pour dénigrer le pays ne sauraient être tolérés. En réaffirmant son attachement à la patrie, le ministre a appelé les acteurs de l’éducation à incarner les valeurs d’ordre, de discipline et de patriotisme, conformément aux orientations défendues dans le cadre de la refondation de l’école burkinabè. La cérémonie s’est achevée sur un rappel de la poursuite des séances de sport organisées à l’Université de l’Éducation.
Salfo Zabré / LA PLUME



