
À l’ère de la modernité et de la quête d’indépendance financière, de plus en plus d’élèves et d’étudiants choisissent de concilier études et entreprenariat pour financer leurs besoins, acquérir de l’expérience ou répondre à leurs ambitions personnelles. Cette situation exige un équilibre délicat entre passion et discipline. Zoom sur Oumou Ouédraogo, élève en classe de BEP2 mécanique générale, et Carine Mélika Sawadogo, étudiante en licence 3 Comptabilité contrôle et audit à l’université Swiss UMEF university of Burkina Faso et Adèle wendyam Tapsoba etudiante en licence 3 Gestion des ressources humaines à l’ISPP, qui partagent ici leurs expériences.
Un parcours exigeant mais enrichissant. De nos jours, de nombreux élèves et étudiants parviennent à concilier études et entreprenariat, bien que cela puisse paraître difficile. C’est le cas de Oumou Ouédraogo, élève en BEP 2 mécanique générale, qui allie études et tricotage depuis 2021. Pour elle, entreprendre sans formation appropriée dans ce domaine est particulièrement complexe, vu que l’entreprenariat diffère d’un emploi à rémunération mensuelle. « En tant qu’élève, j’ai décidé d’entreprendre car j’ai un talent pour la confection de vêtements, de sacs et de chaussures en tricot. Ce talent m’a poussé à mieux m’organiser pour allier études et travail afin de joindre les deux bouts », a confié cette dame, la vingtaine révolue.

200 000 F CFA, c’est avec ce budget initial qu’elle s’est lancée dans ce domaine, qui nourrit bien son Homme à en croire Oumou. Pour réussir, elle explique qu’il est essentiel de capitaliser sur ses talents, même en parallèle des études. « Si l’un ne fonctionne pas, l’autre peut marcher », a-t-elle laissé entendre. Grâce à cette activité, Dame Sawadogo arrive à se prendre en charge et à subvenir aux besoins de sa famille. En attendant des lendemains plus meilleurs, son plus grand souhait est de pouvoir exploiter comme il se doit son talent. Comme Oumou, Ida Carine Mélika Sawadogo âgée de 22 ans, est aussi un exemple de détermination et de polyvalence. Etudiante en licence 3 Comptabilité, contrôle et audit à l’université Swiss UMEF unuversity of Burkina Faso, elle gère avec brio son business de mode, un domaine qui la passionne depuis son jeune âge.

Grâce à une organisation rigoureuse et une gestion efficace de son temps, elle parvient à suivre ses cours tout en satisfaisant les attentes de sa clientèle. « Ce n’est pas simple, mais je m’efforce de m’adapter à mon emploi du temps scolaire et de toujours honorer les commandes de mes clients », confie-t-elle. Carine tire sa motivation de son amour pour la mode. Selon elle, il est crucial de poursuivre ses rêves et non se contenter uniquement des études pour assurer son avenir. « Les études seules ne garantissent pas le succès dans la vie. Il faut aussi savoir se servir de ses compétences et de son talent », affirme-t-elle. En termes de rentabilité, son entreprise affiche des résultats encourageants. Lors des périodes de forte demande, elle peut générer des bénéfices mensuels allant de 70 000 à 100 000 FCFA. Pour maximiser sa visibilité, Mélika fait la promotion de ses articles en ligne, utilisant des plateformes numériques pour atteindre un public large. Ida Sawadogo encourage vivement les jeunes à suivre leurs ambitions et à se lancer dans l’entrepreneuriat, même avec des ressources limitées.

« Il ne faut pas avoir peur. Avec la volonté et une bonne organisation, tout est possible. On peut démarrer une entreprise avec un petit budget et la faire grandir progressivement », fait-elle savoir. Titulaire d’une licence en gestion des Ressources humaines, Adèle Wenyam Tapsoba est à la fois étudiante et coiffeuse. Elle dit avoir hérité sa passion pour la coiffure de sa mère dès son plus jeune âge, lorsqu’elle était en classe de CE2. Lorsque sa génitrice est tombée malade, elle a pris la relève, et cette activité est devenue une véritable vocation. Comme ses prédécesseurs, elle s’efforce de jongler entre les deux. Ce qui la motive à poursuivre ses deux engagements simultanément, c’est le désir de progresser dans deux domaines différents. C’est à dire les études, qui lui offrent des perspectives académiques, et la coiffure, qui lui permet de travailler de manière pratique tout en développant des relations avec ses clientes.

Pour Adèle, le principal défi reste la gestion du temps. « En plus de cela, il y a la fatigue et le manque de temps pour moi-même », confie-t-elle. Qu’à cela ne tienne, la jeune coiffeuse affirme que son projet entrepreneurial n’a pas d’impact négatif sur ses résultats académiques, car tout repose sur une bonne organisation. Saisissant l’occasion, la jeune entrepreneuse de 27 ans encourage ses frères et sœurs à persévérer. « Bien que les études soient importantes, il est essentiel d’entreprendre, car la fonction publique ne peut pas absorber tout le monde. Il faut apprendre à devenir employeur », conseille-t-elle.
Adjaratou Séré (stagiaire)
La PLUME



