« Les modes alternatifs et endogènes de financement des actions de développement »: L’auteur Halidou Ouédraogo plaide pour des solutions endogènes

L’économiste-financier et doctorant en sciences économiques Halidou Ouédraogo a procédé, ce vendredi 22 mai 2026 à Ouagadougou, à la dédicace officielle de son ouvrage intitulé « Les modes alternatifs et endogènes de financement des actions de développement ». Organisée aux Archives nationales du Burkina Faso, la cérémonie a mobilisé autorités administratives, acteurs du monde économique et financier, universitaires, partenaires techniques ainsi que des hommes de culture autour des enjeux du financement souverain du développement.

L’ouvrage, préfacé par Seydou Bouda et présenté à travers l’intervention de son représentant Ousmane Barbari, propose une réflexion approfondie sur les mécanismes alternatifs de financement adaptés aux réalités africaines. Le livre explore notamment les partenariats public-privé, le crowdfunding, les tontines, les financements islamiques ainsi que la zakat comme outils de mobilisation des ressources internes.Présidant la cérémonie au nom du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Brice Flavien Ouédraogo a transmis les félicitations du ministre à l’auteur pour cette contribution intellectuelle jugée importante dans le contexte actuel. Dans son allocution, il a indiqué que le ministre considère l’ouvrage comme « un outil d’aide à la décision » qui invite à « un changement de paradigme radical » dans la manière de penser le financement du développement africain.

Selon lui, le concept d’endogénéité développé dans le livre rejoint également la valorisation des patrimoines culturels, des mécanismes communautaires et des valeurs de solidarité africaines. Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Mariame Hien/Zerbo a, au nom du patron de la cérémonie, salué « une œuvre utile » qui intervient dans un contexte marqué par les limites des financements conventionnels. Elle a affirmé que le ministre estime désormais nécessaire pour les États africains « d’explorer de nouvelles voies, d’innover et surtout de regarder en eux-mêmes » afin de financer durablement leurs politiques publiques. Selon elle, plusieurs propositions formulées dans l’ouvrage rejoignent les réformes engagées par le département en matière de mobilisation de l’épargne locale, de finance solidaire et de diversification des instruments de financement.

Même appréciation du côté de la marraine de la cérémonie. Représentant la ministre déléguée chargée du Budget, Bernard Kabré a souligné que la ministre voit dans cet ouvrage « un guide pragmatique » face aux défis budgétaires actuels. Il a rappelé que « la soutenabilité à long terme des budgets publics ne peut plus reposer uniquement sur l’aide extérieure ou sur une accumulation risquée de dettes ». Pour lui, l’auteur propose des pistes concrètes permettant de développer des financements innovants capables d’alléger la pression sur les finances publiques.Dans son intervention, le représentant du préfacier a salué un ouvrage qui « arrive à point nommé » dans un contexte africain marqué par la quête de souveraineté économique. Selon lui, l’auteur offre « une véritable boîte à outils » aux décideurs publics, entrepreneurs, étudiants et praticiens du développement. Il a également relevé « l’honnêteté intellectuelle » de l’auteur qui expose aussi bien les opportunités que les risques liés aux différents mécanismes étudiés.Prenant la parole à son tour, Halidou Ouédraogo a expliqué que son livre est né « d’un constat, d’une frustration, mais surtout d’une conviction profonde ».

Le constat, a-t-il dit, est celui de « l’essoufflement des modèles traditionnels de financement » et de « la faible culture de l’écriture chez les cadres et intellectuels ». Quant à sa conviction, elle repose sur l’idée que « le développement ne se donne pas, il ne s’emprunte pas : il se finance de l’intérieur ».L’auteur a également plaidé pour une meilleure structuration de la finance populaire, de l’épargne communautaire et des mécanismes de solidarité afin de renforcer l’inclusion financière et la résilience économique des États africains. Il a enfin invité les décideurs, universitaires et acteurs du secteur privé à s’approprier les réflexions développées dans l’ouvrage afin d’alimenter les politiques publiques de développement.L’ouvrage « Les modes alternatifs et endogènes de financement des actions de développement », fort d’une centaine de pages, est disponible au prix de 10 000 F CFA dans les librairies de la place.
Djamal Ouédraogo/LA PLUME



