SIAO 2026 : l’APEN met l’expertise nationale sous les projecteurs

À l’occasion de la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), l’Agence de promotion de l’expertise nationale (APEN) a aménagé un stand dédié à la présentation des compétences burkinabè. À travers cette initiative, l’agence entend offrir une vitrine aux experts agréés, valoriser leurs travaux et favoriser leur accès à de nouvelles opportunités professionnelles, au Burkina Faso comme à l’international. C’était ce mardi 3 novembre 2026 à Ouagadougou.
La valorisation de l’expertise nationale constitue un levier important dans la dynamique de développement du Burkina Faso. C’est dans cette perspective que l’Agence de promotion de l’expertise nationale (APEN) a choisi de profiter de la tribune du SIAO 2026 pour donner davantage de visibilité aux compétences locales. Son stand accueille des experts agréés venus présenter leurs travaux, leurs publications et les services qu’ils proposent dans leurs différents domaines d’intervention. Pour la secrétaire exécutive de l’APEN, Hièdiala Sylvie Méda/Sontie, cette démarche s’inscrit dans les missions fondamentales de l’institution. « L’APEN est chargée de promouvoir et de valoriser l’expertise nationale », a-t-elle rappelé. À travers le dispositif d’accréditation prévu par la loi n° 06 du 17 mai 2011, l’agence identifie les compétences nationales et accompagne les professionnels dans l’obtention de l’agrément d’expertise.

Selon elle, le développement d’un pays repose également sur sa capacité à mobiliser les compétences dont il dispose. Les experts contribuent à analyser les problématiques et à proposer des solutions adaptées à leurs domaines de spécialisation. La promotion de ces compétences représente ainsi un enjeu stratégique pour le Burkina Faso. À ce jour, l’agence dispose d’une base de données regroupant plus de 2 000 experts agréés dans différents domaines. Cette base fait l’objet d’une actualisation régulière afin de prendre en compte les nouvelles compétences et les évolutions des secteurs d’activité. La secrétaire exécutive a également souligné la place de l’artisanat dans cette dynamique. Au-delà des artisans eux-mêmes, plusieurs domaines de l’expertise nationale peuvent contribuer à améliorer leurs activités, notamment la créativité, le développement commercial, le marketing, la recherche de débouchés, la gestion des entreprises et la formation continue.

Des compétences au service du développement économique
Parmi les experts présents figure Abibata Ido, experte senior agréée en finance, microfinance et développement économique. Elle est également promotrice de l’Institut de relance des pays africains, une plateforme panafricaine spécialisée dans l’ingénierie financière, l’intelligence économique, la certification et l’accompagnement des petites et moyennes entreprises, des très petites entreprises, des associations et des coopératives. À travers cette structure, elle entend contribuer à la consolidation des activités économiques et à la valorisation des initiatives entrepreneuriales. Son approche repose notamment sur le diagnostic, l’incubation, la certification, la notation et la valorisation des réalisations des entreprises et des artisans. Elle estime que la participation au SIAO, avec l’accompagnement de l’APEN, offre aux experts une occasion de sortir de l’ombre et de faire connaître leurs compétences. « Nous avons de l’expertise, mais personne ne nous voyait », a-t-elle expliqué, évoquant les difficultés rencontrées par certains professionnels pour se faire connaître et accéder aux opportunités.

L’experte est également auteure de l’ouvrage intitulé 12 stratégies, 31 idées et 6 mesures de la relance économique des pays africains. Présenté comme un manuel pratique destiné aux décideurs publics et privés, le livre défend une approche du développement qui ne se limite pas aux indicateurs de croissance économique. Il met notamment l’accent sur la création de richesses durables et partagées, l’inclusion sociale et financière ainsi que la résilience structurée. Dans un autre domaine, celui des opérations humanitaires d’urgence et du développement social, Éric Balema met son expérience au service des organisations et des programmes intervenant dans des environnements sensibles. Expert senior agréé, il accompagne notamment des structures dans l’évaluation des risques, la sécurisation des déplacements, le renforcement des capacités en matière de sécurité personnelle et l’adaptation des interventions aux réalités sécuritaires.

Consultant sur la chaîne Impact TV, il intervient également dans l’émission « Les clés de la sécurité », à travers laquelle il contribue à sensibiliser le grand public sur les questions sécuritaires. Il est par ailleurs auteur de l’ouvrage Sécurité urbaine dans un contexte volatile, qui appelle à une prise de conscience collective et rappelle que chaque citoyen doit être acteur de sa propre sécurité. Pour lui, l’agrément délivré par l’APEN constitue un moyen de reconnaissance et de valorisation du travail accompli sur le terrain. Il salue également les possibilités offertes par cette reconnaissance pour faire connaître les compétences et renforcer la contribution des experts aux initiatives de développement.

Pour Noufou Gnampa, président de l’Assemblée générale des experts agréés, la mise en place de l’APEN représente une avancée importante dans l’organisation du secteur. Il rappelle que les professionnels burkinabè ont entrepris, depuis les premières années des indépendances, des démarches pour structurer et faire reconnaître leur expertise. Il considère aujourd’hui l’agence comme un instrument essentiel de promotion des compétences nationales. « Nous avons un cadre structurel, avec des experts agréés, structurés autour de trois grands axes. L’APEN aujourd’hui organise et fédère la synergie des expertises », a-t-il indiqué. Au-delà de la reconnaissance professionnelle, il voit dans l’expertise un véritable outil de création d’emplois et de revenus, mais également un instrument de diplomatie et de rayonnement du Burkina Faso.

Il apprécie notamment les bulletins et les actions de communication de l’agence, qui permettent de faire connaître les compétences burkinabè au-delà des frontières nationales. Pour lui, l’expertise constitue un marché international important que les pays doivent apprendre à conquérir en mobilisant et en valorisant leurs propres ressources humaines. À travers sa présence au SIAO 2026, l’APEN entend ainsi rapprocher les experts des acteurs économiques, promouvoir les savoir-faire nationaux et ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration. Une démarche qui rappelle que le développement du Burkina Faso passe aussi par la reconnaissance et la mobilisation des compétences disponibles au sein de son propre vivier professionnel.
Salfo Zabré / LA PLUME



