Formation professionnelle: Le CFPIT lance trois promotions à la conquête du monde du travail

Elles ont appris à couper, assembler, coudre, teindre et tisser. Désormais, elles devront transformer ces savoir-faire en activités professionnelles. Les promotions 2024, 2025 et 2026 du Centre de Formation Professionnelle Innovation Textile (CFPIT) ont officiellement reçu leurs attestations, le samedi 26 septembre 2026 à Ouagadougou, dans la commune de Saaba. Une cérémonie placée sous le signe de la professionnalisation, de l’entrepreneuriat et de l’insertion.
Après plusieurs années d’apprentissage, les apprenantes des métiers de couturier et de teinturier-tisserand, formées aux niveaux Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) et Brevet de Qualification Professionnelle (BQP), ont franchi une nouvelle étape de leur parcours. La cérémonie officielle de sortie s’est déroulée sous le patronage du gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, représenté par la secrétaire générale de la région, Aïssata Traoré, en présence de plusieurs autorités, responsables, formateurs, parents et partenaires.Pour la promotrice du CFPIT, Germaine Bonkoungou, la création de ce centre répondait à une réalité observée dans le secteur de la formation professionnelle.

« La motivation de cette formation est née d’un constat : les métiers de la filière textile étaient moins convoités par les jeunes, tout simplement parce qu’ils n’étaient pas sanctionnés par un diplôme.» Depuis son ouverture en 2022, le CFPIT s’est ainsi positionné sur la formation aux métiers du textile et de l’artisanat. Le centre compte actuellement 57 apprenantes régulièrement inscrites en formation. À ces effectifs s’ajoutent 1 227 personnes ayant bénéficié de formations modulaires qualifiantes de courte durée, dont la durée varie de 21 jours à six mois.Pour la promotrice, l’enjeu dépasse cependant la seule délivrance de diplômes.
Il s’agit également de permettre aux jeunes formées de disposer de compétences leur donnant la possibilité de s’insérer dans le monde professionnel ou de créer leurs propres activités. Elle a, dans ce sens, encouragé les parents à orienter davantage leurs enfants vers les métiers professionnels.Germaine Bonkoungou a également appelé les stylistes, modélistes et acheteurs professionnels à s’intéresser davantage aux productions du centre, notamment aux tissus qu’elle présente comme « légers et adaptés à notre climat ». A l’issue des quatre années d’activités du centre, les premiers résultats sont déjà visibles.

Certaines anciennes apprenantes se sont installées à leur propre compte. D’autres renforcent leurs capacités auprès d’ateliers de la place. Un autre groupe, composé de diplômées dans le domaine du tissage, a directement intégré le CFPIT. La formation professionnelle apparaît ainsi comme un moyen pour ces jeunes femmes de transformer une compétence technique en activité génératrice de revenus. Une orientation qui rejoint également la dynamique de promotion du « consommer local » portée par les initiatives du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Représentant le gouverneur de la région du Kadiogo, Aïssata Traoré a transmis un message de félicitations à la promotrice du centre.
Elle a salué son engagement, son leadership et son patriotisme, tout en encourageant la poursuite des actions en faveur de la qualification professionnelle. Parrain de la cérémonie, Hamadé Ouédraogo, président de la Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF) Kadiogo, représenté par Rasmané Konvolvo, a, pour sa part, invité les nouvelles diplômées à ne pas considérer leurs diplômes comme une finalité. « Les diplômes que vous avez reçus ce matin, c’est ce qu’il y a de plus facile à avoir. Mais ce qui vous attend, c’est le plus dur. Parce que se battre pour devenir quelqu’un, c’est le plus dur et le plus noble des combats. »S’adressant aux diplômées appelées à intégrer des entreprises, il a insisté sur la nécessité de mettre en pratique les connaissances acquises durant leur formation.

« Celles qui vont aller travailler pour des gens, faites tout pour bien appliquer ce que vous avez appris ici. Là-bas, vous aurez besoin de votre technique, de toute votre technique, de la discipline, du respect du patron et du respect du règlement intérieur de l’entreprise dans laquelle vous allez travailler. » A celles qui envisagent l’entrepreneuriat, le parrain a surtout recommandé la réflexion, l’audace et la prise de risque. « Donc, voici là où ceux qui veulent s’installer à leur propre compte devraient agir. Si vous créez votre atelier de couture, sachez que là-bas, vous avez besoin de beaucoup de réflexion et surtout de prendre des risques. »
Dans son intervention, Hamadé Ouédraogo a également mis l’accent sur la créativité. Pour lui, les nouvelles professionnelles ne doivent pas se contenter de reproduire ce qui existe déjà sur le marché. Il les a invitées à proposer des modèles susceptibles de leur permettre de se différencier et de conquérir une clientèle. « Vous voyez, ça veut dire que vous êtes des techniciens. Il faut créer. Si vous faites ce qui existe déjà dehors, comment est-ce que vous allez arriver à retirer les clients des autres pour qu’ils viennent chez vous ? », a-t-il questionné. Le parrain a également encouragé le centre à accorder une place plus importante à la créativité et au développement personnel dans les prochaines formations.
« Je ne souhaite pas les voir en uniforme. Je souhaite que chacun crée son propre modèle. Parce que ça commence ici. Chacun doit montrer : « J’ai compris et je peux faire quelque chose. » Au-delà de la maîtrise technique, il a insisté sur l’importance du caractère, de la discipline et du respect des engagements dans la réussite professionnelle. Il a notamment évoqué la question des délais dans le secteur de la couture, appelant les futures professionnelles à faire du respect des rendez-vous une exigence.« Alors, chers diplômés, pour être plus grands que son patron, il y a deux choses à faire : corriger tous les défauts de ton patron chez toi et, en plus, faire quelque chose que ton patron n’avait pas fait. C’est pour ça que tu vas dépasser ton patron. ».,a-t-il fait savoir.Le message du parrain rejoint ainsi celui porté par les responsables du CFPIT sur la nécessité de faire de la formation un véritable tremplin vers l’autonomie professionnelle.
Pour les nouvelles diplômées, cette ambition semble désormais clairement assumée.Prenant la parole au nom des promotions 2024, 2025 et 2026, la représentante des apprenantes Yvonne Tassembedo a exprimé leur reconnaissance à l’endroit de la direction, des formateurs, des parents et des partenaires. Elle a rappelé que la formation leur a permis d’acquérir des compétences techniques, mais également de découvrir les exigences liées à l’exercice d’un métier.

« En ce jour particulier, nous ne célébrons pas seulement la fin d’une formation. Nous célébrons un parcours, des efforts, des sacrifices, des compétences acquises et surtout une nouvelle étape de notre vie professionnelle qui commence. ».En couture, les apprenantes disent avoir appris la précision, la patience, la créativité, la prise de mesures, le patronage, la coupe, l’assemblage et les finitions. Dans le domaine du tissage, elles ont approfondi un savoir-faire considéré comme faisant partie du patrimoine culturel, tout en apprenant à l’adapter aux exigences du marché.
Pour les nouvelles professionnelles, le métier constitue désormais davantage qu’un simple moyen de subsistance. « À travers ces apprentissages, nous avons compris une chose essentielle : un métier n’est pas seulement une manière de gagner sa vie ; c’est aussi une manière de construire sa dignité, son autonomie et sa contribution à la société. ».La représentante des promotions sortantes a également formulé des attentes à l’endroit du CFPIT. Les anciennes apprenantes souhaitent notamment pouvoir bénéficier de possibilités de perfectionnement, de stages, de conseils, d’accompagnement, de débouchés et d’opportunités d’entrepreneuriat.

« Nous sommes prêtes à travailler. Nous sommes prêtes à apprendre encore. Nous sommes prêtes à entreprendre. Nous sommes prêtes à relever les défis. », a-t-elle souligné. Cette détermination résume l’état d’esprit affiché par les bénéficiaires au terme de leur parcours. Désormais confrontées aux réalités du marché, elles devront transformer leurs acquis en réalisations concrètes, qu’il s’agisse d’intégrer des ateliers, de poursuivre leur perfectionnement ou de créer leurs propres entreprises. La cérémonie s’est achevée par la remise des attestations aux diplômées ainsi que de machines à coudre et de métiers à tisser aux douze meilleures élèves. Pour ces bénéficiaires, ces équipements représentent des outils supplémentaires pour passer de l’apprentissage à la pratique professionnelle.
Djamal Ouédraogo/LA PLUME



